Contrat d’accompagnement dans l’emploi, contrat d’adaptation, contrat d’apprentissage, contrat d’avenir, contrat de professionnalisation, contrat qualification, CES, CEC, CEJ, CJE, CIE, CI-RMA, CUI-CIE et CUI-CAE ;
Ces contrats sont ouverts aux collectivités locales, aux autres personnes morales de droit public, aux personnes morales de droit privé mais chargées de la gestion d’un service public, aux associations loi 1901, aux structures d’insertion par l’activité économique, et bien sûr au secteur marchand dans son ensemble ;
Mais pour quel public ? Les jeunes entre 15 et 25 ans, les moins de 22 ans sans diplôme, les moins jeunes entre 26 et 30 ans non indemnisables par l’UNEDIC, avec un niveau V ou Vbis, ou VI s’ils habitent en ZUS, les plus de 40 ans, les plus de 50 ans et bientôt les plus de 70 ans ;
Ces personnes doivent être sans emploi, ou en difficultés sur le marché du travail, ou rencontrant des difficultés particulières d’accès à l’emploi, ou enfin rencontrant des difficultés sociales et professionnelles d’accès à l’emploi… la formulation doit avoir son importance !
Quelle durée ? Me direz-vous. La durée des contrats est de 3 mois pour certains bénéficiaires, de 6 renouvelables pour les autres, d’une durée de 2 ans avec renouvellement possible pour 12 mois sauf pour les Travailleurs handicapés et les plus de 50 ans pour lesquels un renouvellement de 36 mois est possible,
Et enfin, quelle prise en charge ? Elle s’établit à 50%, ou à 95%, ou même à 105% pour les contrats dits « champagne », avec une rémunération entre 25 et 78% du SMIC, ou entre 30 et 75% du SMIC, ou bien entre 30 et 65% du SMIC selon les cas.

Heureusement pour nous, de petites plaquettes distribuées dans tous les agences de Pôle emploi et disponibles sur Internet récapitulent tous ces éléments pour le demandeur d’emploi. Il doit naturellement être doté d’une capacité d’analyse assez nettement au-dessus de la moyenne.
Pendant ce temps, à IEBA, les conseillères reçoivent Julien, Rachid ou Vanessa qui aimeraient, si possible, et assez vite, trouver un emploi, un logement, la voiture pour aller de l’un à l’autre et le petit copain ou la petite amie pour les accompagner à la plage. Le tout pourrait être avantageusement complété par un chèque tous les mois.
Alors, la conseillère relit consciencieusement la plaquette dont je vous ai rappelé l’existence, pour trouver le Contrat A, E, I, qui pourrait convaincre l’employeur hésitant d’embaucher Julien, Rachid ou Vanessa.
Et là, je me dis que l’objectif de la conseillère et par extension de la mission locale et par hyperextension de toutes les structures d’insertion est de permettre aux chômeurs qui rament le plus de descendre de leur galère et d’atteindre enfin la berge. Et pour cela il me semble qu’au lieu de transformer nos conseillers en GPS des aides d’Etat, il serait préférable de les laisser le temps d’établir une relation de confiance entre vraie personnes, oserais-je dire un « dialogue entre égaux ».
Alors Mesdames et Messieurs les directeurs, Mesdames et Messieurs les élus, mesdames et messieurs nos partenaires, employés…
Je formule pour l’année 2012 trois vœux : d’abord le vœu pieu que le prochain ministre du travail sera si feignant ou si humble qu’il s’abstiendra d’inventer le tout nouveau contrat censé résoudre définitivement le problème du chômage en France ;
Deuxièmement, je formule le vœu que les employeurs fassent le deuil de l’employé idéal qui rapporte dès le premier jour plus qu’il ne coûte ;
Enfin je formule comme troisième et dernier vœu que tous les employés en insertion de ce pays rayonnant d’ambition technocratique puissent poursuivre chaque jour ce qu’ils font si bien depuis si longtemps : regarder dans les yeux quelqu’un qui ne croit plus en lui et lui redonner le courage de trouver une place dans la cité.